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Avant d’être un outil de diplomatie,

le sport est un projet social et économique national

 

Depuis trois ans, Romuald Nguyen dirige le bureau du football français en Chine. Cet organe de représentation est notamment chargé de développer l’influence du football français (Fédération Française de Football et Ligue de Football Professionnel) auprès de l’écosystème chinois

Propos recueillis par Sylvain LANDA

 

Romuald Nguyen

 

Directeur du football français en Chine,

Fédération Française de Football

 

Quelles sont les raisons de l’implantation de votre bureau en Chine ?

RN : Le bureau de représentation du football français conjoint FFF/LFP a été ouvert en février 2017 avec deux objectifs :

  • Développer l’influence du football français auprès de l’écosystème du football chinois. En moins de quatre ans, la Chine s’est positionnée en tant qu’acteur incontournable du football mondial. Dans une logique de lobbying, il nous importe de mieux connaitre l’écosystème de ce pays incontournable du football mondial qui accueillera notamment la Coupe d’Asie des Nations 2023, la Coupe du Monde des Clubs (date à déterminer) et probablement la Coupe du Monde avant 2050.
  • Accélérer le développement commercial des acteurs du football français en facilitant la rencontre entre l’offre et la demande. Dans ce marché en plein développement, nous explorons toutes les possibilités, dans la limite des engagements que nous avons pris par ailleurs (ventes de formation, de stages, droits médias, sponsoring, etc.).

 

En Chine, le plan quinquennal en cours (2016-2020) fixe des objectifs ambitieux en matière sportive. Comment travaillez-vous avec les autorités chinoises ainsi que les autres acteurs français implantés dans ce pays ?

RN : Dans la continuité de la filière Sport mise en place par l’État en 2016, nous coordonnons les activités du France Sport Club en Chine. Concrètement, nous fédérons les acteurs français du sport en nous positionnant en tant que porte d’entrée unique pour les entités chinoises à la recherche d’une offre française, et réciproquement. Nous facilitons les réponses françaises collectives aux appels d’offres. Les entreprises impulsent et animent le groupe, avec un soutien institutionnel très fort des autorités françaises, ce qui un atout apprécié par les autorités chinoises.

Le France Sport Club propose une offre réunissant toute l’expertise française autour de trois thématiques pour lesquelles la France est reconnue sur la scène internationale : son savoir-faire dans l’organisation des grands évènements sportifs, son art de former des champions à la française et l’utilisation du sport comme levier de mise en avant du territoire.

 

Selon vous, en quoi le sport peut-il participer à renforcer la diplomatie conduite par un État ou une union d’État comme l’UE ?

RN : L’histoire et l’internationalisation des compétitions sportives que nous vivons débordent d’illustrations dans lesquelles le sport a crispé et/ou détendu des relations entre deux pays. Je constate par exemple qu’au lancement du plan de développement du football chinois, une séquence « Football » était très souvent inscrite dans l’agenda des rencontres entre dirigeants chinois et étrangers. En parallèle, j’observe également qu’il y a moins d’articles sur les effets dudit plan au niveau intérieur, et c’est ce qui me séduit dans cette approche. Avant d’être un outil de diplomatie, c’est un projet social et économique national. Depuis 2003, je mesure les grandes avancées que nous avons pu accomplir en matière de diplomatie sportive. Néanmoins, je pense que les éléments ne sont pas réunis à ce jour pour évoquer un projet de diplomatie européenne. Selon moi, il faut d’abord avoir un plan plus abouti au niveau national.



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