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Diplomatie sportive européenne :

une question de culture organisationnelle

La culture organisationnelle de l’UE en matière de diplomatie sportive devrait pouvoir s’appuyer sur trois facteurs-clés : la coordination, la cohérence et la finalité des actions poursuivies.

 

Carmen PÉREZ GONZÁLEZ

 

Professeure de Droit International,
Université Carlos III, Madrid (Espagne)

 

Développer une « culture organisationnelle » est plus facile à dire qu’à faire. Ne serait-ce que parce qu’il n‘existe pas de définition consensuelle de ce concept dans la littérature académique. Selon Mats Alvesson (2012), « un simple regard sur quelques ouvrages utilisant le terme de culture organisationnelle révélera une variation énorme dans la définition de ce terme, et encore plus pour le mot culture ». Malgré cela, il semble y avoir unanimité non seulement sur le fait qu’une telle culture joue un rôle crucial dans la mise en œuvre des stratégies, actions et mesures adoptées par une organisation, mais aussi sur son impact sur la performance d’une organisation. Devant cette toile de fond conceptuelle, l’Union européenne devra fonder le développement d’une culture organisationnelle en matière de diplomatie sportive sur trois traits liés entre eux : la coordination, la cohérence et la finalité.
La coordination soulève des défis à la fois intérieurs et extérieurs. La diplomatie sportive est une politique multidimensionnelle et jusqu’ici, la dynamique européenne a été façonnée et animée par diverses institutions : y ont contribué la Commission, le Parlement, le Conseil européen et le Conseil des ministres. La coordination ad intra nécessite un consensus politique sur les objectifs et les priorités, ainsi que sur les mesures concrètes à adopter. La coordination ad extra fait référence au besoin de prendre en compte les initiatives d’autres organisations internationales et la participation du monde sportif dans la définition et la mise en œuvre de ces mesures. Dans ce sens, la coordination est une condition nécessaire pour réaliser une politique cohérente dans le domaine.

Ce qui renvoie au deuxième trait indispensable : la cohérence. La reconnaissance politique du rôle éminent que peut jouer le sport dans les relations extérieures de l’Union européenne contraste singulièrement avec la sous-utilisation des thématiques sportives dans la vaste typologie des instruments normatifs et des programmes disponibles pour la politique extérieure, qu’ils soient contractuels ou non. De même, le dialogue politique de l’UE avec des pays ou régions tiers bénéficierait d’un rôle plus cohérent et structuré du sport. Ainsi, bien que certaines actions conduites par le service européen pour l’action extérieure (SEAE) aient un lien direct avec le sport, ce lien est aléatoire, et non systématique.

« LE TEMPS EST VENU POUR L’UE DE DEVENIR UN LEADER DANS CE DOMAINE »

Finalement, la diplomatie sportive européenne devrait tendre vers la réalisation de certaines finalités primordiales qui, de fait, font déjà consensus à travers l’Union, et parmi lesquelles figurent la promotion de la démocratie, de la prospérité, de la paix, des droits humains et de l’agenda 2030.

Ces dernières années, l’idée de diplomatie sportive a ruisselé vers le mainstream. Le temps est venu pour l’UE de devenir un leader dans ce domaine. Le concept de culture organisationnelle est un outil adéquat et indispensable dans ce processus. Seule
une action coordonnée, cohérente et orientée vers des finalités claires permettra à l’Europe d’avoir un véritable impact dans cette arène.



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