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La sédentarité en milieu professionnel - Sport et citoyenneté

La sédentarité en milieu professionnel

 

L’évolution des conditions de travail a entraîné une augmentation des temps sédentaires sur le lieu professionnel. Des solutions commencent à fleurir pour remettre les personnes en mouvement dans le cadre de leurs activités quotidiennes.

 

 

Pauline Genin, Chargée d’études, Observatoire National de l’Activité Physique et de la Sédentarité @Onaps_officiel

 

 

 

Automatisation des chaînes de travail, robotisation des tâches manuelles, progrès technologiques industriels, accroissement des activités de service… Cette importante modernisation du milieu professionnel a conduit à une très large tertiarisation de notre société, favorisant le temps quotidien passé à des comportements sédentaires et à l’inactivité physique.

 

« 12 heures par jour assis au travail »

Ceci s’illustre par une augmentation du nombre des professions sédentaires, avec un déclin concomitant des professions physiquement actives. En France, une étude met en avant que les adultes occupant une activité professionnelle passent environ 12 heures par jour assis lors des jours travaillés et 9 heures lors des jours non travaillés, soulignant une association nette entre le temps sédentaire passé au travail et les comportements sédentaires en dehors du travail. Ainsi, nous passons un tiers de notre temps journalier à des activités sédentaires, soit plus de la moitié de notre temps éveillé. Il est maintenant bien démontré que le temps passé à des activités sédentaires chez l’adulte est en grande partie d’origine professionnelle, caractérisé par des périodes prolongées et ininterrompues de temps passé assis. Par exemple, il s’avère qu’en moyenne sur une journée de travail complète, les salariés du secteur tertiaire passent environ 77% de leur temps assis, 18% debout et seulement 5% en mouvement [1].

Outre ce temps passé assis, la sédentarité est également aujourd’hui liée à un usage massif des écrans qui s’intensifie dans la population française et partout dans le monde. Cette tendance est particulièrement importante dans la population féminine puisqu’une femme sur cinq cumule sédentarité et inactivité physique [2].

En 1994, 12% des employés restaient 20 heures ou plus par semaine devant un écran. Ce chiffre est passé à 23% en 2010, sachant que cette proportion est bien plus forte chez les cadres et les employés administratifs (près de la moitié). Par ailleurs, 53% des salariés travaillent sur écran de façon continue ou discontinue (48% chez les hommes et 60% chez les femmes) [3]. En parallèle, les actifs ayant un emploi utilisent majoritairement la voiture pour aller travailler (70% d’entre eux) et les transports en commun (15%).

 

« Bureaux assis-debout, stations actives… »

Cette combinaison d’un temps passé assis toujours plus important, associé à des durées d’exposition aux écrans qui ne cessent de progresser, ne peut qu’être délétère sur le plan sanitaire, favorisant le développement de pathologies chroniques et métaboliques associées. En effet, l’activité physique ne protège pas des effets délétères de la sédentarité sur la santé. Par exemple, indépendamment du niveau d’activité physique, regarder la télévision pendant au moins 3 heures par jour est associé à une augmentation de la mortalité, et la durée totale du temps passé assis et du temps passé devant les écrans est associé à un risque accru de plusieurs maladies chroniques majeures [4]. C’est la raison pour laquelle les objectifs de santé publique sont, d’une part, d’augmenter le temps d’activité physique et sportive et, d’autre part, de diminuer le temps passé à être assis. Par répercussion, la progression de ces pathologies chroniques liées à un temps de sédentarité trop important chez les employés tertiaires, associée à un risque plus important d’anxiété et de dépression par rapport à des employés ayant une activité professionnelle plus physique, va favoriser l’augmentation de l’absentéisme, mais aussi la perte de productivité [5].

Ainsi, au-delà des bénéfices sanitaires, la promotion de l’activité physique et la lutte contre la sédentarité ont également des répercussions importantes sur le plan économique, à travers à la fois la réduction du coût combiné de traitements des différentes maladies évitables et celle du nombre d’arrêts de travail et d’absences pour cause de maladies ou blessures [6]. Face à cette tertiarisation de notre société, le milieu du travail se présente désormais comme un lieu propice au développement et à la mise en place de nouvelles stratégies de promotion de l’activité physique et de lutte contre la sédentarité.

 

Face à cet état des lieux, de nombreuses stratégies se développent et sont mises en place sur le lieu de travail afin de lutter contre la sédentarité. Parmi elles, on retrouve principalement :

  • Des approches informatives et incitatives basées sur des conseils : ateliers éducatifs, informatifs ou encore diffusion de conseils et d’incitations à rompre le temps assis[7].
  • Des stratégies d’intervention basées sur la modification du poste de travail (stations assis-debout)[8].
  • La transition des stations passives en stations actives : plusieurs études ont comparé l’utilisation d’une station debout (station passive) par rapport à une machine d’exercice à pédales portables (station active) pour observer que les stations actives sont plus appréciées et permettent une légère hausse de la productivité[9].
  • L’introduction de pauses actives visant à interrompre le temps passé assis au travail, qui consistent en des interruptions régulières du temps passé assis par l’instauration de petits exercices physiques[10].

Si ces interventions semblent permettre de réduire le temps passé à des comportements sédentaires, ceci ne se traduit pas par une augmentation du niveau d’activité physique des employés, c’est pourquoi il est important de distinguer ces deux problématiques.

 

www.onaps.fr

 

[1] Wick, K., O. Faude, et al. (2016), Deviation between self-reported and measured occupational physical activity levels in office employees: effects of age and body composition » Int Arch Occup Environ Health 89(4): 575-582.

[2] INCA 3 (2017). Évolution des habitudes et modes de consommation, de nouveaux enjeux en matière de sécurité sanitaire et de nutrition, Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l’Alimentation, de l’Environnement et du Travail.

[3] Étude Sumer (2010), Étude transversale répétée sur la SUrveillance Médicales des Expositions des salariés aux Risques professionnels

[4] Ekelund, U., J. Steene-Johannessen, et al. (2016). Does physical activity attenuate, or even eliminate, the detrimental association of sitting time with mortality? A harmonised meta-analysis of data from more than 1 million men and women, Lancet 388(10051): 1302-1310.

[5] Neovius, K., K. Johansson, et al. (2009). Obesity status and sick leave: a systematic review, Obes Rev 10(1): 17-27.

[6] Oldridge, N. B. (2008). « Economic burden of physical inactivity: healthcare costs associated with cardiovascular disease. » Eur J Cardiovasc Prev Rehabil 15(2): 130-139.

[7] Aittasalo, M., M. Livson, et al. (2017). Moving to business – changes in physical activity and sedentary behavior after multilevel intervention in small and medium-size workplaces, BMC Public Health 17(1): 319.

[8] Tremblay, M. S., S. Aubert, et al. (2017). Sedentary Behavior Research Network (SBRN) – Terminology Consensus Project process and outcome, Int J Behav Nutr Phys Act 14(1): 75.

[9] Bastien Tardif, C., M. Cantin, et al. (2018). Implementation of Active Workstations in University Libraries-A Comparison of Portable Pedal Exercise Machines and Standing Desks, Int J Environ Res Public Health 15(6).

[10] Bergouignan, A., K. T. Legget, et al. (2016). Effect of frequent interruptions of prolonged sitting on self-perceived levels of energy, mood, food cravings and cognitive function. Int J Behav Nutr Phys Act 13(1): 113





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