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"Avec cette discipline, nous arrivons avec de nouvelles règles, il n’y a pas d’antériorité donc tout le monde peut se l’approprier" - Sport et citoyenneté

« Avec cette discipline, nous arrivons avec de nouvelles règles, il n’y a pas d’antériorité donc tout le monde peut se l’approprier »

 

Ancien footballeur professionnel, International Marocain, Jawad El Hajri préside depuis 2015 la fédération de Teqball en France. 

Propos recueillis par Lucile Brasset

 

 

Pourriez-vous m’en dire plus sur le principe du teqball ?

JEH : Le concept est né il y a un peu plus de 4 ans. C’est un nouvel équipement sportif avec un design innovant qui ressemble à une table de ping-pong incurvée. Cet équipement est né de la réflexion de personnes qui jouaient au foot sur une table de ping-pong classique. Etant donné que le rebond n’était pas adéquat pour avoir des échanges prolongés, ils ont eu l’idée d’incurver la table afin que le ballon puisse revenir vers le pratiquant et donc prendre plus de plaisir à jouer. Partant de là, ils ont souhaité rendre cet équipement pluridisciplinaire. Quatre autres pratiques dérivées de sports traditionnels ont vu le jour : le Teqvolley, le Teqpong, le Teqtennis, le catch Ball qui s’apparente au Dutch Ball américain ou la balle au prisonnier en France.

On ne fait pas de distinction entre les sexes ni entre les catégories d’âges. On part d’un concept qui est basé sur une table, un équipement sportif et au final qui est vecteur d’inclusion, de mixité et de santé. Nous apportons une version minimaliste du football. Nous réduisons les contraintes par rapport à la taille du terrain. Si une personne n’a pas les prédispositions physiques pour aller courir sur un grand terrain mais est dingue de football, cette autre version de sa passion lui sera beaucoup plus accessible.

Une fédération internationale de teqball a été créé en avril 2017, il y a eu une première Coupe du Monde à Budapest en juin 2017 avec 20 nations représentées et une seconde à Reims en 2018 avec 42 pays présents. Entre temps, la discipline a été reconnue par des CNO régionaux, le Comité Olympique d’Asie et le comité Olympique africain.

 

Votre but aujourd’hui est-il de le développer dans les milieux éducatifs ?

Nous avons déjà commencé. On sait très bien qu’une personne qui fait du sport va être beaucoup plus efficace et efficiente dans son milieu professionnel. C’est la même chose pour les enfants. Quand ils s’amusent, ils sont plus concentrés et réactifs en classe. Prenons l’exemple du catchball très présent dans les classes de CP/CE1. Lorsqu’un enfant récupère le ballon à la main, le lance et ensuite court autour de la table, il développe sa motricité, sa coordination, le cardio et le bien-être, mais aussi l’aspect cognitif puisqu’il y a de nouvelles règles à assimiler et une nouvelle façon de jouer. Tous ces facteurs font que ce nouvel équipement et ces nouvelles pratiques vont avoir un intérêt dans les cours d’école.

 

En termes de cohésion sociale, qu’est ce qu’un sport comme celui-ci peut apporter de plus au sein des quartiers prioritaires pour que les personnes en difficulté trouvent une place dans la société ?

Je suis issu moi-même des populations dites de la « diversité », celles que l’on trouve dans les quartiers, les banlieues sensibles. Dans ces familles, on mise souvent sur deux profils d’enfants : celui qui est bon à l’école ou celui qui est bon en sport. Qu’est-ce que l’on fait des autres ? N’ont-ils pas le droit aussi de pratiquer ? Ils sont très souvent eux aussi attirés par le sport. De plus, dans les quartiers, beaucoup de personnes sont en échec scolaire et n’ont pas réussi à trouver leur place dans la société. Ayant identifié ces problématiques-là, on arrive avec de nouvelles règles, de nouveaux sports que l’on va rendre accessible à tous.

Lorsqu’une collectivité acquiert notre équipement, on organise une animation dans la ville en question. Les jeunes intéressés sont formés au Teqball et incités à créer une association. Celle-ci aura la responsabilité de développer le Teqball à l’échelle locale. Les jeunes responsables de l’association se sentent légitimes et valorisés. Cela crée un cercle vertueux entre l’achat de l’équipement, la mairie qui communique sur le projet et la population locale.

 

Avez-vous un objectif à visée grand public, envers les particuliers ?

Le Teqball est ouvert à tous. Un jour, un élu m’a dit : « J’ai peur que si je mets votre table dans les quartiers, ce soit seulement les garçons et les amateurs de football qui s’approprient l’équipement. » Afin de résoudre cette problématique, il faudrait plusieurs tables mais au-delà, les garçons s’approprient un terrain de football inconsciemment et de par leur éducation. On leur a inculqué l’idée que le football se pratiquait par les garçons. Avec cette discipline, nous arrivons avec de nouvelles règles, il n’y a pas d’antériorité donc personne ne peut se l’approprier. C’est fait pour les filles et les garçons, les moins jeunes et les plus vieux. On prévoit d’avoir un équipement à destination du grand public, beaucoup plus accessible et de là on espère que la communauté grandira de plus en plus.

 





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