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« Créer du plaisir autour de l’activité physique » - Sport et citoyenneté

« Créer du plaisir autour de l’activité physique »

A l’occasion de la Semaine olympique et paralympique, du 3 au 8 février 2020, Marie Barsacq, directrice impact et héritage du comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024, revient sur l’annonce par le Gouvernement de l’expérimentation « 30 minutes d’activité physique par jour à l’école ».

 

La 4e édition de la Semaine olympique et paralympique (SOP) s’est ouverte lundi 3 février. Que représente aujourd’hui cet événement, en matière de mobilisation ?

MB : Nous avons été impressionnés par les chiffres de la mobilisation : année après année, de plus en plus d’élèves sont sensibilisés à la pratique sportive et aux valeurs du sport dans le cadre de la SOP. En 2018, ils étaient 80 000 ; en 2019 ils étaient 180 000, et cette année, ce sont 400 000 élèves qui participent à la SOP ! L’édition 2020 concerne 2500 établissements sur tous les territoires ; 1400 projets ont été déposés, et 200 athlètes se rendent dans les classes tout au long de la semaine pour partager leur passion. Les fédérations sportives se sont tout particulièrement impliquées pour faire le lien entre les clubs sportifs et les établissements scolaires.

A Paris 2024, nous sommes ravis de cet engouement, car cette semaine contribue à renforcer la place du sport à l’école. Elle vise à inciter les jeunes à être plus actifs, et à leur donner envie de pousser les portes d’un club sportif.

 

Le Gouvernement a annoncé cette semaine le lancement d’une expérimentation visant à proposer dans écoles primaires qui le souhaitent 30 minutes d’activité physique par jour. Pourquoi cette démarche ?

MB : Nous voulons saisir l’opportunité des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024 pour mettre les Français en mouvement.

Notre action s’adresse d’abord aux jeunes ; car un enfant qui prend l’habitude de faire de l’activité physique régulièrement, c’est un adulte qui ne sera pas sédentaire. Aujourd’hui, les chiffres de la sédentarité des jeunes sont inquiétants : il faut casser les courbes !  L’expérimentation annoncée par le ministre de l’Education nationale et de la Jeunesse et la ministre des Sports va permettre aux enseignants volontaires d’instaurer 30 minutes d’activité physique quotidienne dans leur classe, de façon souple, sur tous les temps de la vie scolaire. En évaluant les effets de cette mesure, nous espérons qu’elle sera progressivement généralisée. Cela, c’est bien sûr la responsabilité des ministères. La nôtre, c’est de montrer que faire bouger les élèves chaque jour, c’est simple et ça produit des effets ! Et de donner envie aux jeunes de bouger !

 

Concrètement, comment les établissements peuvent-ils s’inscrire dans cette expérimentation ?

MB : L’inscription se fera à la rentrée de septembre 2020, et l’expérimentation se déroulera tout au long de l’année scolaire. Dès aujourd’hui, nous encourageons les enseignants à se renseigner et à imaginer les projets qu’ils souhaitent mettre en place. Des outils existent pour leur donner des idées ; ils sont simples, ludiques, et ont été construits par des associations du sport scolaire comme l’Usep ; par les fédérations sportives comme la fédération d’athlétisme, ou bien par des enseignants d’EPS. Nous avons développé une plateforme, sur le portail Eduscol et sur le site Internet de la Semaine olympique et paralympique, pour recenser tous ces outils et les rendre accessibles aux enseignants.

 

L’un des enjeux concerne notamment l’école primaire. Des initiatives existent pour favoriser l’activité physique quotidienne. Souhaitez-vous accompagner/valoriser ces démarches innovantes et travailler sur le lien entre activité physique et apprentissages ?

MB : En tant que comité d’organisation, nous pouvons mettre en lumière des constats et des bonnes pratiques. Nous donnons la parole aux enseignants et aux experts, notamment aux membres du « Collectif pour une France en forme », tels que le Pr François Carré, le Dr Michel Cymes, le Pr Gérard Saillant, pour informer le grand public sur les bienfaits de l’activité physique pour les enfants. De nombreuses études prouvent que cela améliore le climat scolaire, la concentration des enfants, et favorise leurs apprentissages. Nous voulons aussi faire connaître les initiatives existantes, en France et à l’étranger, qui prouvent que l’on peut instaurer plus d’activité physique à l’école de façon simple.

Avec les ministères concernés, nous avons choisi de nous concentrer sur l’école élémentaire, car le rapport à l’activité physique de toute une vie se joue entre 6 et 11 ans. Nous voulons donner envie, créer du plaisir autour de l’activité physique : on se rend compte les enfants sont très enthousiastes dès lors qu’on leur propose cette activité ! Et s’ils prennent l’habitude de bouger plus au quotidien, ils viendront plus facilement à la pratique sportive.

 

L’un des défis à relever concerne également les représentations que l’on a du sport, de l’activité physique, de la santé. Est-il important à vos yeux de travailler sur ce sujet, afin de faire des enfants les ambassadeurs de l’activité physique demain ?

MB : Le sport ce n’est pas uniquement la compétition, la performance, les entraînements… Cela peut être aussi le sport loisir : du plaisir, de la créativité, du partage ! Notre stratégie, c’est d’avoir un dispositif sérieux, institutionnel, pour accompagner les enseignants afin que l’activité physique devienne un réflexe quotidien dès l’école. Mais nous voulons aussi nous adresser aux jeunes en adoptant leurs codes. Nous avons fait appel à la chorégraphe Fauve Hautot pour réaliser une chorégraphie qui s’inspire des gestes de célébration des sportifs, sur une chanson de Soprano. Des athlètes olympiques et paralympiques comme Ladji Doucouré, Sami El Gueddari se sont mobilisés sur cette danse.  On veut maintenant partager cette chorégraphie au maximum pour inciter les jeunes à bouger et à y trouver du plaisir. Car les meilleurs ambassadeurs des bienfaits de l’activité physique, c’est eux !

 

A noter : Sport et Citoyenneté a consacré un rapport à la problématique de la sédentarité des enfants et des adolescents, à l’occasion de la Semaine olympique et paralympique.

@COJO





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