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De l'Assurance-maladie à l'Assurance-santé : passer d'une logique de gestion à une logique de projet - Sport et citoyenneté

De l’Assurance-maladie à l’Assurance-santé : passer d’une logique de gestion à une logique de projet

 

La crise sanitaire aura de multiples impacts sur le sport. Chez Sport et Citoyenneté, nous pensons qu’elle peut être salutaire, si elle permet d’accélérer un certain nombre d’évolutions. Par le biais de tribunes d’experts, nous souhaitons recommander, aux pouvoirs publics, des mesures opérationnelles destinées à lancer le sport de l’après-crise. Nous en avions déjà recensé un certain nombre dans ce livret de propositions pour la loi Sport et Société il y a quelques mois. Aujourd’hui, alors que la politique européenne du sport ne cesse de se développer, nous renforçons cet engagement en Europe et localement.

 

 

Didier ELLART, vice-président de l’Association nationale des élus en charge du sport (ANDES)

 

 

 

Cyril CLOUP, Directeur général de l’ANDES, Membre du Comité Scientifique du Think tank Sport et Citoyenneté

 

 

 

Le COVID-19 a confirmé que la santé est bien la priorité des Français.

Durant la période de confinement, les initiatives se sont multipliées pour pratiquer une activité à domicile via les réseaux sociaux et réduire ainsi les facteurs de risques médicaux liés à la sédentarité.

Actualité oblige, le lien avec le sport-santé est incontournable pour les Français. Ce n’est plus une opportunité, mais une responsabilité que d’inscrire les activités physiques et sportives dans le parcours de santé des Français, alors que moins d’un Français sur deux pratique une activité régulière comparativement aux 65% de Finlandais, Suédois ou Espagnols. Alors que ce virus a touché particulièrement les personnes en situation de fragilité (personnes âgées, obésité, diabète…), il est désormais de notoriété publique que l’activité physique permet de conforter le système immunitaire face aux attaques virales.

 

Le sport-santé est désormais un enjeu de santé publique.

Il le sera encore plus demain, avec bon nombre de Français qui ont perdu leur niveau d’activité physique. La condition physique se perd beaucoup plus vite qu’elle ne s’acquiert, notamment sur le plan psychologique.

 

C’est la raison pour laquelle la prévention doit prendre une part croissante par rapport au domaine curatif qui prédomine largement le système de santé en France.

 

Pour changer de paradigme et donner une impulsion significative véhiculée par une nouvelle image, nous pourrions renommer l’Assurance-maladie par l’Assurance-santé.

L’Assurance-maladie donne en effet une impression de fatalité et de résolution devant les différentes pathologies.

 

Changer de vocable permettrait de s’identifier à un objectif commun, avec une recherche permanente et proactive pour la meilleure qualité de vie possible de nos concitoyens. Les activités physiques et sportives auraient naturellement une place de choix incontournable dans ce domaine.

 

Les activités physiques à des fins de santé sont un angle d’attaque unique, qui touchent directement le bien-être des Français. Pourtant, force est de constater que nous avons encore du mal à augmenter le nombre de pratiquants, à toucher les personnes les plus éloignées de la pratique.

 

Une première réponse consisterait à adapter le message à la cible recherchée.

 

Aujourd’hui, la communication véhiculée est très souvent celle des sportifs de haut niveau, ce prisme sportif dont l’image est corrélée à la performance, est éloignée des attentes des personnes sédentaires, qui ont besoin de retrouver confiance, de ressentir des sensations de bien-être avec leur corps, quelle que soit leur physionomie.

 

L’exemple de certaines structures qui mettent en avant des pratiquants de tous niveaux, quelles que soient leur forme, est un message plus accessible, qui limite les complexes d’ordre physique liés au regard des autres. De même, rien de tel qu’un message des patients eux-mêmes qui font part de tout ce que les activités leur ont apporté face à la sédentarité.

 

Il faut aller chercher les personnes sédentaires éloignées de la pratique. En effet, elles ne viennent pas d’elles-mêmes au-devant d’un médecin pour réclamer une ordonnance de sport-santé.

 

C’est le rôle majeur des collectivités locales, qui mettent en place des dispositifs sport-santé-prévention pour utiliser le sport comme thérapeutique non médicamenteuse, en s’appuyant sur le rayonnement de Paris 2024 pour tous les publics, ainsi que sur la Stratégie Nationale Sport Santé 2019-2024 qui doit accompagner cette dynamique territoriale. Et l’ANDES sera au rendez-vous de cet enjeu de santé publique en France et en Europe.

 

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