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« Faire de la France une grande Nation sportive, en mettant au cœur des politiques sportives la liberté et le dialogue avec l’ensemble des acteurs concernés » - Interview exclusive de François Fillon - Sport et citoyenneté

« Faire de la France une grande Nation sportive, en mettant au cœur des politiques sportives la liberté et le dialogue avec l’ensemble des acteurs concernés »

Propos recueillis par Sport et Citoyenneté

Dans le cadre des prochaines échéances électorales, notre Think tank Sport et Citoyenneté a présenté une série de propositions sur les thématiques majeures du sport.

Dans le prolongement de cette réflexion, notre Think tank a sollicité tous les candidats à l’élection présidentielle ainsi que plusieurs parties prenantes du sport français, sur la place du sport dans le débat politique actuel.

Une série d’entretiens que nous vous proposons de découvrir dans cette rubrique.

crédit photo: lefigaro.fr

 

 

Interview de François Fillon, ancien Premier ministre et candidat à l’élection présidentielle 2017

 

 

 

Avec plus de 17 millions de licenciés, et une part au moins équivalente de pratiquants libres, 4 millions de bénévoles, 200 000 emplois, un enracinement dans les territoires et un prolongement dans tous les champs de notre vie quotidienne, le poids du sport est une réalité en France. Quelle est votre vision du sport et la politique que vous souhaiteriez mener en la matière si vous êtes élu Président de la République ?

FF : Aujourd’hui, 47 millions de Français pratiquent une activité physique et plus de 3,5 millions de bénévoles sont engagés dans l’animation de ces pratiques. Nos champions et nos équipes de France s’illustrent régulièrement lors des compétitions internationales. Le sport français va bien… mais il pourrait aller beaucoup mieux !

Ma conviction, c’est que notre modèle d’organisation du sport, défini il y a plus de 50 ans, n’est plus adapté aux enjeux du XXIe siècle. Il n’a pas su prendre en compte la nouvelle demande de la pratique sportive, la réorganisation territoriale, ainsi que l’essor du sport professionnel. Or, le sport est à la fois un facteur de cohésion sociale, de bien-être, de croissance et d’emplois. Mais avant tout, le sport est un facteur d’épanouissement personnel et mon projet vise à le favoriser. Je veux continuer à faire de la France une grande Nation sportive, en mettant au cœur des politiques sportives la liberté et le dialogue avec l’ensemble des acteurs concernés.

 

La sédentarité est considérée par l’OMS comme l’un des 10 facteurs de risque de mortalité dans le monde. Elle coûterait, à l’échelle de l’UE, 80 milliards d’euros par an. Selon le baromètre santé de l’OCDE (2016), seuls 14% des garçons et 6% des filles de 15 ans pratiquent une activité physique quotidienne dans l’Hexagone, plaçant la France à l’avant-dernière place au sein de l’UE. Comment promouvoir davantage un mode de vie actif dans tous les environnements (écoles, lieu professionnel, villes, établissements spécialisés…) ?

FF : La sédentarité est aujourd’hui un problème de santé publique. Nous devons réagir.

La pratique d’une activité physique régulière et dès le plus jeune âge contribue à la santé des individus, et donc à une meilleure santé publique globale : la pratique sportive doit être beaucoup plus utilisée à des fins thérapeutiques.

Le temps scolaire minimum consacré au sport en France est l’un des plus élevés en Europe : 10% du temps en primaire et 14% dans le secondaire. Je le pérenniserai ! Les partenariats entre les clubs sportifs et les établissements scolaires doivent s’intensifier, il faut décloisonner et faciliter les passerelles entre ces deux acteurs locaux. La pratique du sport à l’université sera elle aussi favorisée pour ne plus en faire une discipline facultative.

Personne ne doit être exclu de ces pratiques sportives et nous porterons une attention particulière à tous ceux qui sont en situation de handicap. Nous favoriserons l’accès au sport pour les enfants en situation de handicap dès le plus jeune âge en concertation avec les associations sportives et les acteurs du mouvement sportif handisport et du sport adapté.

Pour l’ensemble de la population, le sport sera encouragé notamment dans l’environnement professionnel, qui représente un lieu sportif incontournable pour l’avenir. Concernant les seniors, les actions visant à préserver la santé des seniors au travers l’activité physique seront renforcées.

 

La candidature de Paris 2024 est-elle une opportunité pour développer l’attractivité et le rayonnement de notre pays ?

FF : Bien sûr ! La candidature de Paris à l’organisation des Jeux Olympiques d’été et aux Jeux paralympiques de 2024 ainsi que celle de la France à l’organisation de la Coupe du monde de Rugby 2023 constituent de formidables opportunités qui sont autant de facteurs de développement économique, de rayonnement international et de développement du sport dans toutes ses composantes. J’apporte un soutien sans réserve à ces candidatures.

Cette candidature a un sens, car l’organisation des Jeux Olympiques permettrait à la fois le développement de la pratique sportive partout et pour tous. Les Jeux seront un moteur pour le bénévolat et permettront la diffusion des valeurs olympiques auprès des plus jeunes. Enfin, les JO permettront le développement des territoires, et notamment le réaménagement de la Seine St Denis.

 

Parmi les propositions formulées par notre Think tank, laquelle retient particulièrement votre attention ? Pour quelle raison ?

FF : Mes propositions font, quasiment toutes, écho aux vôtres et je m’en réjouis. Il y en a cependant une qui me semble fondamentale car elle en contient beaucoup d’autres, c’est « Faire de l’école le pivot d’un mode de vie actif, en valorisant davantage l’éducation physique et sportive (EPS) ainsi que le sport scolaire, de l’école à l’université. »

Car tout commence par l’éducation, et l’éducation physique et sportive permet de faire du sport un lieu où tous peuvent communier dans une même passion que l’on soit en situation de handicap ou pas, quelle que soit sa situation personnelle et familiale et ainsi apprendre à s’accepter les uns les autres et permettre la cohésion sociale dès le plus jeune âge.

La pratique sportive permet aussi d’éduquer à l’éthique et à l’intégrité du sport dès le début de la pratique, de lutter contre les violences en apprenant le contrôle de soi, de développer les échanges européens, et enfin de préparer la pratique d’une activité sportive tout au long de la vie.





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