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"Il faut changer le regard sur le handisport en France" - Sport et citoyenneté

« Il faut changer le regard sur le handisport en France »

Interview de Charles Rozoy, champion paralympique de natation et collaborateur de la ministre des Sports

Le 27 mars a lieu la Journée nationale du sport et du handicap. Notre think tank Sport et Citoyenneté organise, avec l’ANESTAPS, un colloque sur l’accessibilité à la pratique parasportive pour les personnes en situation de handicap. Le champion paralympique et collaborateur de la ministre des Sports Charles Rozoy y participe.

 

Votre parcours en quelques mots

Mes espoirs de devenir champion olympique se sont brisés suite à un accident de moto qui m’a paralysé le bras gauche. J’ai continué et j’ai réussi à réaliser mon rêve d’enfant en devenant champion paralympique. Formé au coaching et au développement personnel, je suis aujourd’hui conférencier, coach et formateur. Depuis 2014, je suis également engagé en politique au niveau local, en tant qu’élu, conseiller municipal et conseiller de la Métropole de Dijon. Après la fin de ma carrière, la ministre Roxana Maracineanu m’a demandé de la rejoindre au Ministère des Sports pour écrire la Stratégie nationale du sport-handicap. Je suis investi en parallèle dans de nombreuses associations.

 

Pourquoi la Journée nationale du sport et du handicap est-elle importante à vos yeux ?

Il faut se mobiliser autour du sport et du handicap pour communiquer différemment et de façon importante. Il y a un déficit de communication en la matière. Il faut vraiment passer un cap et sensibiliser largement le plus grand nombre. Quand je dis sport-handicap, je parle bien du handisport et du sport adapté. De plus, le sport est souvent un miroir réflecteur d’une partie de la société. Dans ce milieu, on doit donc être exemplaire et accueillir les personnes en situation de handicap comme les autres sportifs, pour leur permettre de faire du sport comme elles le souhaitent. L’inclusion a pour but de faire avec les gens en fonction de ce qu’ils veulent et pas de faire pour eux.

 

En tant que Champion paralympique de natation, comment évaluez-vous l’accessibilité à la pratique sportive pour les personnes en situation de handicap en France ?

Nous sommes en train d’écrire la Stratégie nationale du sport et du handicap justement parce qu’on a remarqué qu’on pouvait faire mieux et qu’il fallait faire mieux. Les Jeux Paralympiques vont arriver en France, on se doit donc de faire évoluer le sport-handicap et de simplifier le parcours des personnes en situation de handicap.

Aujourd’hui, on est sûr d’une chose c’est que le sport c’est bon pour la santé, c’est le meilleur des médicaments, mais faut-il encore que l’on permette aux gens de pratiquer. Quand on dit que l’on souhaite augmenter de 3 millions le nombre de pratiquants, on n’a pas dit 3 millions de licenciés. Bien sûr, Il y a le sport en compétition mais le plus important c’est de pratiquer une activité physique. Les personnes en situation de handicap doivent pouvoir faire du sport, aussi bien dans les fédérations qu’ailleurs.

 

Avez-vous été confronté au cours de votre carrière à des freins pour pratiquer ?

J’ai un handicap invisible. C’est une chance et une difficulté à la fois car on est souvent obligé de devoir expliquer ce que l’on a pour faire comprendre pourquoi on ne peut pas faire telle ou telle chose. Mais c’est une vraie chance aussi car j’ai pu être intégré assez facilement dans un système dit ordinaire. Je me suis rendu compte surtout qu’il y avait un déficit sur les moyens qui permettent de bien fonctionner.

 

Quelles actions peuvent permettre de changer le regard sur l’handisport et la pratique parasportive en France ?

Les Jeux Paralympiques de 2024 seront un vrai starter et un tremplin pour communiquer, changer la vision des gens, leur montrer que le parasport c’est du sport avant tout, que c’est vraiment impressionnant, qu’on y retrouve aussi des compétitions… C’est un des axes qui va permettre de sensibiliser la population. Mais n’oublions pas que les JOP c’est du sport de haut niveau, et certaines personnes ne s’associent pas forcément à ces sportifs, ce que je peux comprendre. Ils pensent « moi je ne suis pas capable de faire cela ». L’important ce n’est pas d’être capable de nager un 100 mètres papillon comme je peux le faire en 1min1sec, mais d’aller nager, de pratiquer une activité physique pour avoir une meilleure qualité de vie. Comme on se brosse les dents, je pense qu’il faut faire du sport.  Cela il faut le faire intégrer, et par l’exposition médiatique des Jeux, on va pouvoir communiquer sur le bénéfice du sport pour tous, notamment pour les personnes en situation de handicap. La mixité des publics va permettre de sensibiliser tout le monde.

 





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