Cet article est protégé par un mot de passe. Pour le lire, veuillez saisir votre mot de passe ci-dessous :

Le capital humain : le pouvoir de l’activité physique

 

Richard Bailey, Docteur et membre de la Royal Society of Arts (FRSA), International Council of Sport Science and Physical Education

 

Comme l’ont souligné à nouveau les conclusions du projet Physical Activity Serving Society (PASS) mené par le Think tank Sport et Citoyenneté avec l’appui notamment de l’ICSSPE, une promotion transversale de l’activité physique est nécessaire dans nos sociétés, d’autant plus que les bénéfices sont nombreux et variés pour notre capital humain.

 

Tableau 1 : Les capitaux humains

 

La dernière décennie a été cruciale pour tous ceux qui travaillent dans le domaine de l’activité physique. Les progrès scientifiques nous offrent aujourd’hui une bien meilleure compréhension de l’importance d’adopter des modes de vie actifs. Nous commençons à comprendre comment l’exercice physique affecte notre cerveau, comment les jeux de groupes contribuent à l’apprentissage de compétences quotidiennement utiles chez les enfants, ou encore comment l’activité régulière peut engendrer un flot d’avantages au sein de tous les aspects de notre vie.

Et pourtant, l’inquiétude règne au vu du niveau global d’activité physique affiché par nos sociétés modernes. La majorité des individus ne sont pas assez actifs pour bénéficier de tous ces avantages potentiels. Les causes de ce problème peuvent être retracées jusqu’à l’enfance. Une analyse récente a identifié les premiers signes de déclin chez les enfants de 6 ans. Il n’est donc pas surprenant qu’une récente étude de données issues de 105 pays ait révélé que 4 adolescents sur 5 n’atteignaient pas les niveaux recommandés d’activité physique. En Europe, les jeunes sont de moins en moins nombreux à se rendre à l’école à pied ou à vélo, et de plus en plus nombreux à s’adonner à des activités sédentaires à la sortie des classes. Ces résultats ont de sérieuses conséquences sur la santé puisque le manque d’activité physique est l’un des principaux facteurs de risque de maladies non transmissibles (infarctus, AVC, diabètes et cancers), qui sont par ailleurs la cause première de mortalité à travers le monde.

Le manque d’activité physique est devenu rapidement la nouvelle norme, que l’on paie(ra) par une détérioration de notre qualité et de notre espérance de vie. Par conséquence, la promotion de l’activité physique est perçue globalement comme une priorité de santé publique au niveau mondial, et c’est sans exagération que l’on peut parler de crise sanitaire au vu du nombre d’individus n’atteignant même pas les niveaux minimaux d’activité physique recommandés. La plupart des pays dans le monde ont adopté une stratégie de promotion de l’activité physique, et un groupe d’acteurs variés se joint aux organisations gouvernementales et non-gouvernementales pour contrer cette épidémie. Parmi ces acteurs, les plus visibles sont ceux de l’industrie du sport.

La campagne Designed to Move, initiée par Nike et soutenue par l’ICSSPE et l’American College of Sports Medicine, a suscité beaucoup d’attention. Des programmes associés se focalisant sur les écoles et sur les villes actives, parmi d’autres, capitalisent sur son succès pour attirer l’attention des législateurs et des praticiens. Ces initiatives ont créé une perspective marketing pour promouvoir l’activité physique via des messages simples et clairs, reconnaissant que les décisions individuelles sont basées sur le rationnel et l’émotionnel, et prônant la recherche pour guider l’agenda politique. En d’autres mots, ils ont su enseigner aux personnes travaillant dans le domaine de la santé publique, du sport et de l’éducation comment mieux vendre leur produit : l’activité physique. Parmi les résultats les plus connu de Designed to Move figure le concept de capital humain (tableau 1).

 

 

Capital humain

L’idée de base de ce concept est que les compétences, savoirs et attributs personnels s’incarnent en la capacité à prendre part aux activités physiques, et que ces mêmes activités produisent de la valeur ajoutée et des rendements positifs. Elles améliorent la sensation de bien-être, ont un impact positif sur la réussite scolaire et la situation économique. Le capital humain perçoit le développement sous différentes formes de « capitaux » qui sont :

  • Le capital physique : les avantages directs de l’activité physique et de l’influence positive sur les modes de vie sains.
  • Le capital émotionnel : le bien-être mental et psychologique associé à l’activité physique.
  • Le capital individuel : les éléments du caractère d’une personne (compétences de vie, compétences sociales et interpersonnelles), qui augmentent grâce à la participation à des activités physiques, sportives et d’autres formes d’activité physique.
  • Le capital social : une plus grande interaction entre les personnes, les groupes, les organisations et la société civile, grâce à la dimension collective et sociale de l’activité physique, du jeu et du sport.
  • Le capital intellectuel : les activités physiques et sportives génèrent un développement cognitif complet et l’amélioration de l’apprentissage dans l’éducation.
  • Le capital financier : les gains en termes de productivité financière, de rendement au travail, de réussite professionnelle, de réduction des coûts des soins de santé et d’absentéisme/présentéisme liés à l’activité physique.

 

 



Sport et citoyenneté