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Portrait Citoyen #1 : Sara Balzer - Sport et citoyenneté
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Sara Balzer, Escrimeuse

Propos recueillis par Celene Senhouse

• Parlez-moi de vous.

Je suis originaire de Strasbourg et d’origine Franco-Algérienne. En 1964, mon grand-père, ancien militaire, s’est rapatrié en France suite à la Guerre d’Algérie. Il a amené ma mère, encore petite, avec lui à Strasbourg où elle a grandi. J’ai une sœur plus âgée.  Mes parents ont divorcé quand j’avais environ trois ans.

 • Pourquoi avez-vous choisi l’escrime ?

Au début, ma mère ne voulait pas que je fasse de l’escrime car, elle ne voulait pas que je « copie » ma sœur. Mais l’entraîneur (Philippe Nicholas), qui avait décelé mes qualités naturelles pour le sport, a insisté et a convaincu ma mère de me laisser continuer. Trois mois plus tard, j’ai gagné ma première compétition. C’était une révélation pour moi. Je suis fidèle au même club d’escrime, SUC Escrime, depuis 2003.

• Pour réussir dans le sport, il faut non-seulement des qualités physiques mais une force mentale exceptionnelle, aussi. D’où vient la vôtre ?

C’est grâce à mon entraîneur, Maître Philippe. C’est un ancien militaire, alors il me pousse. Il a toujours énormément cru en moi, et il est toujours derrière moi. Les entraînements sont difficiles mais dès le début, il a inculqué en moi de la discipline, de l’auto-motivation, le dépassement de soi. Même lors des échecs ou des défaites, il m’encourage.

• Comment êtes-vous accompagnée dans le cadre de votre sport et par qui ?

C’est ma mère à 100%. Elle me soutient depuis toujours – sans jugement ou pression, elle fait beaucoup de sacrifices pour moi et mon sport. L’escrime était la priorité la plus grande. Cela passait devant les cours du lycée.

• Justement à propos d’études, elle n’était pas stressée par rapport à l’école, votre réussite scolaire ? Et vous avez-vous considéré un projet de double formation comme plan de secours ?

La Terminale a été une année très dure pour moi parce que j’ai commencé à connaître plusieurs échecs en escrime et cela affectait mon état d’esprit à l’école. J’avais du mal à gérer les deux. Alors, si, elle était très inquiète. Mais…ma mère m’encourageait à finir mon année scolaire et en me conseillant pour mieux faire. Une fois mon bac en poche, j’ai tenté STAPS, mais cela ne m’a pas plu. C’est ma mère qui m’a aidé à m’orienter vers un cursus de psychologie que je suis par correspondance depuis 2013 à l’INSEP.

Crédit photo : FFE-Augusto Bizzi

• Pourquoi avez-vous choisi la psychologie et qu’est-ce que cela vous apporte en termes de performances sportives pour viser des objectifs plus élevés ? 

Ma mère a fait des formations de coaching et je m’y suis intéressée. D’ailleurs, en tant que sportifs, on a des coaches mentaux. On apprend sur soi ainsi que sur les autres. Je trouve cela fascinant et c’est un domaine que l’on ignore aujourd’hui. Je vise les Jeux Olympiques depuis toujours. Et cet objectif a toujours été le même. Mes études m’aident à rester lucide, concentrée. Elles me permettent de mieux gérer les relations avec les autres ainsi que la gestion de mes émotions sur le plan sportif et de mieux m’écouter (la peur, les tensions, les réactions).

• Avez-vous déjà des idées pour votre après-carrière sportive ?

J’aimerais bien devenir psychologue en entreprise. Il y’a énormément de possibilités dans ce domaine-là.

• En général, vous sentez-vous bien encadrée par rapport à votre double-projet ? Par l’université quand vous faisiez le programme de STAPS, par l’INSEP, par la ville de Strasbourg et avant par votre lycée ?

Au lycée, c’était compliqué. Les professeurs et la direction n’étaient pas tous compréhensifs par rapport à mes déplacements ou absences de l’école. L’INSEP est une solution pour moi puisqu’ils proposent des cours par correspondance, ce qui me permets de gérer plus facilement ma carrière sportive et mes études.

• Dans le cadre de votre pratique sportive, qui vous accompagne ?

J’ai de la chance que la Fédération française d’escrime paie une partie de mes études. Je suis vraiment contente puisque l’on dépense beaucoup pour les compétitions et les équipements (qu’il faut renouveler régulièrement). Certaines années, j’ai pu recevoir des aides régionales et de la ville mais cela dépend vraiment de mes résultats. Une saison de Coupe de Monde coûte très chère, par exemple. Sans ces aides, il me serait impossible de participer à ces compétitions ou d’évoluer professionnellement dans ce sport.

Pendant les JO 2016 de Rio, l’Etat a mis en place le Pacte Performance qui avait pour but de mettre les sportifs de haut niveau en contact avec des entreprises (pour le sponsoring ou partenariats). Or, cette initiative n’était ouverte qu’à ceux qui ont obtenu les meilleurs résultats dans leurs sports. Dans mon groupe, quatre escrimeuses sur douze ont reçu ces partenariats. Etant remplaçante pour les Jeux, je n’ai pas pu y avoir accès.

• Faites-vous d’autres choses à côté ? Avez-vous d’autres passions ?

Je défends la cause des animaux et de l’écologie. J’aimerais aussi m’engager aux côtés de l’association Solida’Rio [une l’association au Brésil dans laquelle les sportifs interviennent auprès d’enfants de quartiers défavorisés en leur faisant vivre de nouvelles expériences – découvrir la mer, par exemple.]

 

 





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