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Sport d’après : et si le Covid19 nous obligeait à imaginer une société plus active et inclusive ? - Sport et citoyenneté

Sport d’après : et si le Covid19 nous obligeait à imaginer
une société plus active et inclusive ?

 

La crise sanitaire aura de multiples impacts sur le sport. Chez Sport et Citoyenneté, nous pensons qu’elle peut être salutaire, si elle permet d’accélérer un certain nombre d’évolutions. Par le biais de tribunes d’experts, nous souhaitons recommander, aux pouvoirs publics, des mesures opérationnelles destinées à lancer le sport de l’après-crise. Nous en avions déjà recensé un certain nombre dans ce livret de propositions pour la loi Sport et Société il y a quelques mois. Aujourd’hui, alors que la politique européenne du sport ne cesse de se développer, nous renforçons cet engagement en Europe et localement.

 

 

Tribune de Julian Jappert, directeur général du Think tank Sport et Citoyenneté

 

 

 

En cette période de crise sanitaire mondiale, l’activité physique prend une place importante. Ainsi selon un sondage Ginkoia réalisé́ par OpinionWay, 6 Français sur 10 ont au moins pratiqué un sport durant le confinement (58%). Les citoyens constatent par eux-mêmes que bouger est essentiel à une bonne santé physique et mentale et cela a été souvent trop négligé. Des prémices de réflexions montrent déjà qu’un mode de vie sédentaire pourrait même être un facteur de comorbidité lié au Coronavirus en comparant les propagations du virus chez deux populations aux comportements différents (la Scandinavie et certaines régions des Etats-Unis par exemple cf. travaux du Professeur Eric Ravussin Directeur au Pennington Biomediacl Research Center en Louisiane).

 

Donner du pouvoir au sport

Se donner les moyens d’imaginer et de créer dès maintenant une société active en permettant à tous les citoyens d’être acteurs d’un projet ambitieux devient alors une nécessité pour sortir de cette crise le mieux possible et pour être prêts à surmonter d’autres épreuves.

Face à ces constats, deux voies s’ouvrent à nous :

  • Continuer à utiliser le sport comme un outil marketing, en lui faisant porter de nombreuses vertus de façon automatique, tout en le considérant, en réalité, comme trivial et secondaire.
  • Appréhender le sport à travers ses multiples et complexes atouts, pour l’insérer durablement dans des politiques publiques nationales et locales, et dans des politiques de responsabilité sociale des entreprises et des organisateurs d’événements, tangibles.

Donner du pouvoir au sport, c’est d’abord comprendre pourquoi un jour il est « Ange » et un autre il est « Démon ». Pourquoi sa gouvernance est si complexe et parfois inefficiente. Pourquoi il est encore méprisé par l’intelligentsia.

Face à une crise démocratique, le besoin de dialogues et de transparence de la vie politique n’a jamais été aussi capital. Utilisons alors de nouveaux outils digitaux de participation citoyenne (budgets participatifs, applications de discussion avec des élus, plateformes de collectes d’avis…) avec lesquels les jeunes générations pourront s’engager et décider, quels que soient leur milieu social, leur sexe, leur lieu de vie ou encore leur condition physique. Des moyens innovants et modernes faisant du sport un formidable outil de démocratie participative. Le sport amateur pourrait, par exemple, être davantage financé que le sport professionnel ; les bénévoles, eux seraient enfin accompagnés et valorisés.

 

Le sport est complexe, multiforme et évolutif

Décidons concrètement qui doit diriger le sport en France : l’Etat ? Le mouvement sportif ? Le secteur privé ? Les collectivités ? La société civile ? Pour renverser une pyramide obsolète, désignons démocratiquement un (et un seul) décideur fort politiquement maîtrisant tous ces enjeux : dans l’idéal un expert du domaine, rattaché directement au Premier ministre, ayant du pouvoir pour activer des compétences au-delà du sport. Un décideur qui s’appuie sur les travaux scientifiques existants sur le sport mais aussi sur ses externalités (la santé, l’éducation, l’inclusion, le développement durable…), qui puisse porter ce sujet à un niveau national au-delà du monde du sport, en donnant aussi une direction claire aux acteurs locaux et en étant inspirant et actif au niveau international.

Le jour d’après devra se construire sur un respect inconditionnel de la nature et de tous les êtres humains, avec la solidarité et l’égalité comme toile de fond, en utilisant ce beau concept de la clause de la Nation la plus favorisée [1] permettant de toujours faire en sorte que tous les pays, donc tous les citoyens, puissent atteindre ce qui se fait de mieux dans chaque domaine. Ainsi, serviront de références et de modèles à suivre, des nations qui dans le sport auront su proposer, par exemple, des styles de vies actifs, à l’image de la Finlande, de la Suède ou bien des Pays Bas. Dans un tel cadre, le sport ne résoudra pas tous les maux de la société mais il pourra jouer un rôle supérieur et être utile s’il est intégré en transversalité avec d’autres politiques publiques dans une mission de service public forte renforcée par les acteurs privés.

Santé et bien-être (à l’école, au travail, chez soi…), nouvelles mobilités douces (dans toutes nos communes pour faciliter les circuits de consommation courts), solidarité intergénérationnelle, défense des pluralismes culturels, égalité entre les femmes et les hommes et entre les filles et les garçons, lutte contre l’exclusion sociale, accessibilité des équipements, prise en compte des impératifs écologiques, identité et citoyenneté européenne, valorisation des acteurs territoriaux, combat contre les discriminations et les violences sexuelles sont quelques exemples de terrains politiques, progressistes, du sport.

Le sport est complexe, multiforme et évolutif. En étant exemplaire, il peut être source d’inspiration pour les décideurs de demain.

Ce contexte sanitaire peut nous permettre de créer un nouveau modèle économique et sociétal du sport. Pour passer d’un sport sous influences à un sport qui influence. 

 

[1] La clause de la nation la plus favorisée (NPF) valorise l’harmonisation d’une Europe par le haut plutôt que par le bas, et qui de ce fait accroitrait le bien-être de ses citoyens et citoyennes.

 

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