Vers un milieu sportif de plus en plus inclusif pour les personnes LGBTI+

Par Joël Deumier, président de SOS homophobie

L’homophobie et la transphobie dans le milieu sportif sont une réalité faite de moqueries, de mises à l’écart, de violences et de discriminations à l’encontre des personnes lesbiennes, gay, bi, trans ou intersexes (LGBTI).

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Dans son Rapport sur l’homophobie 2018, SOS homophobie a recensé 7 témoignages d’actes LGBTphobes dans le milieu sportif, soit à peine 0,5% des 1650 signalés en 2017 à l’association. Ce nombre extrêmement faible de témoignages reçus, loin de représenter la persistance et l’ancrage des LGBTphobies dans le sport, montre que la parole des victimes n’est pas encore libérée.

Les témoignages reçus par SOS homophobie illustrent une réalité vécue : quelles que soient leur orientation sexuelle ou leur identité de genre, les femmes et les hommes évoluant dans le milieu du sport continuent d’être renvoyées à des stéréotypes de genre et à des conceptions univoques de la féminité et de la masculinité. François, 35 ans, ancien basketteur professionnel, jouait un match à Lyon. Alors que les joueurs et les arbitres étaient remontés en haut de terrain, il s’est retrouvé avec un membre de l’équipe adverse qui lui a dit: « Je sais que t’es un sale PD », « Tu dois bien te faire enculer ». Les personnes trans et intersexes ne sont pas épargnées par le rejet et la discrimination. Lors des mondiaux d’athlétisme à Londres en 2017, des critiques de l’athlète sud-africaine intersexuée Caster Semenya, qui venait de remporter son troisième titre mondial sur 800 m, ont été émises. Caster Semenya a fait l’objet d’attaques régulières sur son physique et son niveau de performance.

Pour autant les fédérations sportives et les clubs, de grandes figures du sport et les pouvoirs publics agissent de plus en plus pour faire reculer les LGBTphobies. Les actes relevant de l’homophobie, de la transphobie et de l’interphobie sont plus systématiquement sanctionnés. En janvier, le joueur de rugby  du RC Toulon Mathieu Bastareaud a été suspendu trois matches pour avoir insulté un autre joueur de « putain de tapette ». Les pouvoirs publics prennent des initiatives pour mieux prévenir les LGBTphobies, à l’image de la campagne ExAequo contre les discriminations lancée par la Ministre des sport Laura Flessel. Alors que les LGBTphobies ont longtemps été niées, dissimulées, banalisées, des initiatives et exemples en faveur d’une plus grande inclusion des personnes LGBTI dans le sport se multiplient. La 10e édition des Gay Games contribue à promouvoir l’égalité d’accès à la pratique sportive, quelle que soit son orientation sexuelle ou son identité de genre.

Des figures sportives connues et admirées évoquent plus librement leur homosexualité, leur bisexualité, leur transidentité. Comment ne pas constater les progrès accomplis quand, au mois d’août 2016, durant les Jeux Olympiques de Rio, la rugbywoman brésilienne Isadora Cerullo embrasse sa future femme Marjorie Enya qui vient de la demander en mariage ? Quand, au même moment à Rio, Tom Bosworth, marcheur britannique, fait sa demande en mariage à son petit ami ? Ces exemples positifs, accompagnés de politiques publiques ambitieuses et de sanctions appropriées des comportements LGBTphobes permettra de faire reculer durablement le rejet et la haine envers les personnes LGBTI dans le milieu sportif.

Cet article est issu de la revue scientifique Sport et Citoyenneté n°43 « Sport et Diversité: Gay Games 10 »

www.sos-homophobie.org





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