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« Un concept expérientiel inédit en matière de prévention santé »

Propos recueillis par Sylvain LANDA et Alice BLANVILLAIN

 

Un concept sport-santé-tourisme plaçant l’innovation au cœur de son dispositif : telle est l’ambition du projet MySens conçu à Sedan par le président du Club Sportif Sedan Ardennes Marc Dubois et le chercheur en neurosciences, Sébastien Lasnier. Un projet dont les potentialités sont nombreuses, que ce soit dans les champs de la recherche, du sport de masse ou de très haut niveau ou encore de la santé.

 

 

Interview de Marc Duboisprésident du Club Sportif Sedan Ardennes
et Sébastien Lasnier, chercheur en neurosciences. 

 

 

 

Quel est la genèse du concept MySens® ?

MD : Cela fait 30 ans que le groupe Aplus que j’ai fondé et que je préside intervient dans la construction et l’exploitation d’EHPAD et d’établissements de bien-être associant hôtellerie et spa. Nous constatons des écarts considérables en matière d’hygiène de vie parmi les personnes qui intègrent nos établissements. Nous voyons qu’acquérir de bonnes habitudes, écouter son corps et entretenir son capital-santé tout au long de sa vie prend une importance considérable quand on avance en âge. Nous avons donc fait émerger une démarche et une philosophie que j’appelle l’« égologie », qui consiste à optimiser la relation entre l’habitant et son habitat d’une part, et la préservation du capital-santé d’autre part. Nous appliquons ce concept dans nos établissements, à plusieurs niveaux, approche environnementale, sanitaire, sociale… MySens® est le prolongement de cet engagement. Notre ambition est de créer des complexes hôteliers comprenant un pôle de prévention santé tout public, un pôle spécialisé en sciences sportives et un spa, et de mettre les nouvelles technologies au cœur du projet. Il s’agit d’un concept touristique expérientiel inédit, avec une démarche de « transformation » des visiteurs, de leurs comportements après leur séjour. Le premier centre verra le jour à Sedan, au cœur du centre d’entraînement du CS Sedan Ardennes (CSSA), club historique du football français que j’ai l’honneur de présider. L’ouverture est prévue d’ici 2023. Un autre projet est prévu dans le sud de la France et nous travaillons aussi à exporter le concept à l’international.

 

« Optimiser les capacités physiques et mentales »

Quelles seront les innovations technologiques proposées chez MySens® ?

SL : Nos outils ont vocation à permettre aux visiteurs de préserver au maximum leur état de santé. Ils s’intègreront dans les deux pôles du complexe MySens®, le pôle de bilans prévention santé et celui spécialisé en bilans sportifs et de science sportive, de manière interconnectée.

Le pôle « Santé » sera axé sur la préservation du capital-santé. Notre système actuel de santé est basé principalement sur le soin. Nous voulons changer cette approche. Nous privilégions donc une démarche préventive et prédictive, grâce notamment à l’exploitation des données générées par les visiteurs. Nous voulons faire en sorte que les gens prêtent attention à leur santé, et utiliserons des outils d’évaluation et de bilans qui seront le plus invisibles possible. Objets connectés, réalité virtuelle, serious game en sont quelques exemples. Ainsi, quand les visiteurs se relaxeront ou suivront une activité sportive, nous capterons un certain nombre de données qu’une intelligence artificielle traitera dans le but de fournir des indications au personnel de l’établissement. La promesse MySens® est « La destination c’est moi ». Les gens vont se découvrir. Nous fournirons aussi des bilans médicaux plus classiques, comme des bilans sanguins, mais en prenant en compte tout ce qui nous environne et qui a un impact sur notre santé et notre organisme.

Des passerelles seront établies avec le pôle « Sport ». Nous proposerons par exemple des bilans personnalisés puis la définition d’un programme de remise en activité progressive. Pour les sportifs plus confirmés, un programme sur-mesure pourra être établi dans une optique de haute performance, le tout avec du matériel spécifique de très haut niveau. Le but est ainsi d’optimiser les capacités physiques et mentales des personnes, que ce soit le champion ou le grand public. Des professionnels de santé et des éducateurs en activité physique adaptée constitueront le personnel encadrant. Ce seront des coachs et non des médecins en blouse blanche.

 

« S’appuyer sur l’attractivité du football et mobiliser le territoire »

Quelle est la durée des séjours envisagés ?

MB : Plusieurs options seront proposées et adaptées aux séjours touristiques. Généralement, ce sont des formats de 2, 4 ou 6 jours.

SL : Même sur une période de deux jours, nous pouvons mener des programmes efficaces et apporter des solutions à la personne. L’idée, c’est aussi de transposer ces solutions chez soi, que les gens repartent avec des méthodes qui vont les aider au quotidien.

 

Comment ce suivi sera-t-il assuré ?

SL : Nous allons utiliser la technologie de la santé numérique et en particulier un passeport de santé numérique, permettant à son titulaire de récupérer toutes les données le concernant. Nous utiliserons ce passeport pour centraliser les données collectées durant le séjour et les croiser avec les autres données existantes, afin d’accompagner chaque visiteur à l’issue de son séjour, lui fournir des conseils personnalisés, proposer des téléconsultations ou des conseils en nutrition. Le tout, évidemment, en toute sécurité et toute confidentialité, et avec l’accord de chacun.

 

Le projet s’inscrit dans une démarche de prévention-santé. Où en est-on aujourd’hui en France sur ce sujet ?

SL : La prévention primaire est celle à laquelle nous attachons le plus d’importance. Elle permet d’éviter les pathologies. En France, le Président de la République dit lui-même que si la France soigne bien, elle prévient mal. Bien plus mal que la majorité de ses voisins d’ailleurs. En France, l’écart entre l’espérance de vie des plus aisés et des plus défavorisés est de 13 années. Nous connaissons un taux de mortalité prématurée évitable qui est parmi les plus élevés d’Europe. Cette situation est liée aux inégalités sociales et à l’accès à l’information. Notre système date de 1945, et il est basé essentiellement sur le soin. Or la prévention est un remède efficace. Pour 1€ investi dans une action préventive, c’est 14€ d’économisés pour le système de santé.

 

Comment interviendrez-vous pour réduire justement ces inégalités sociales ?

SL : Si nos programmes seront accessibles dans nos centres MySens®, notre ambition est de démocratiser ces technologies. Nous prévoyons ainsi de déployer des mini- MySens® sur le territoire français, qui permettront de dissocier nos services et notre offre touristique.

MB : Le projet a aussi vocation à servir les jeunes de la région sedanaise, et pas seulement les footballeurs du CSSA. 80% des 11-17 ans font moins de 60 minutes d’activité physique par jour. Les outils que nous développerons auront aussi pour vocation de relever le défi de la lutte contre la sédentarité. Nous nous appuierons sur l’attrait pour le football et le CSSA pour accompagner les jeunes et les personnes éloignées de la pratique dans une reprise d’activité régulière et adaptée.

SL : L’idée est de s’adresser aux jeunes en leur disant qu’ils vont s’amuser. De sortir des mesures trop médicalisées. Si on parvient à les amener dans un environnement spécifique où ils peuvent rencontrer leurs amis, se détendre et apprendre des choses, je pense que l’on peut avoir un impact important.

 

Le projet a vocation à s’inscrire au sein du territoire sedanais. Quelles seront les synergies recherchées ?

MB : Nous échangeons régulièrement avec les collectivités territoriales et les entreprises de la région. Nous avons par exemple associé le lycée hôtelier voisin du complexe, qui apportera son expertise sur les métiers de l’hôtellerie et de la restauration. L’Agence Régionale de Santé est aussi intéressée par notre démarche. Nous voulons mettre ce projet à disposition des acteurs locaux. Nous irons beaucoup plus loin qu’un simple projet touristique dans un club de football.

 

www.groupe-aplus.eu



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