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La gouvernance du sport de masse : un projet ambitieux

La gouvernance du sport de masse : un projet ambitieux

16 janvier 2013

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Loïc Alves

Chargé de mission Sport et Citoyenneté

 La gouvernance, principe clé aux contours indécis.

Dire que la gouvernance est un enjeu majeur pour le sport constituerait presque un pléonasme. En effet, si l’on utilise la dichotomie classique entre sport pour tous et sport professionnel, bien que les enjeux financiers soient différents, la question de la gouvernance n’en demeure pas moins centrale. En quoi le président d’une association composée d’une centaine de membres, et celui à la tête d’une fédération internationale composée de milliers, voire même de millions de membres ne devraient pas respecter des principes tels que la transparence ou encore la démocratie ? Cependant la bonne gouvernance dans le sport, bien que souvent évoquée, constitue toujours une sorte de nébuleuse dont les contours sont compliqués à saisir.

Cela tient certainement en partie au fait que la notion même de bonne gouvernance n’est pas aisée à définir et donc à mettre en œuvre tant de nombreux facteurs doivent être pris en considération. Les règlements (fédéraux mais aussi étatiques), la loi, la gestion de l’humain, les finances, les intérêts personnels… autant d’éléments qui s’imbriquent lorsque l’on parle de bonne gouvernance.

Une prise en compte politique nécessaire

L’Union européenne en a bien conscience, et c’est d’ailleurs pour cela que la Commission européenne, dans le cadre de ses actions préparatoires dans le domaine du sport, finance aussi bien des projets visant à développer la bonne gouvernance au sein des plus hautes instances sportives que des associations de tailles beaucoup plus réduites. Le modèle sportif européen, bien que critiquable et critiqué, et sa forme pyramidale sont donc respectés.

C’est dans le cadre de l’un de ces projets intitulé « Good Governance in Grassroots Sports » (GGGS), projet dont Sport et Citoyenneté est partenaire avec l’ISCA (International Sport and Culture Association), que les acteurs du monde du sport « pour tous » (municipalités, fédérations, clubs) tentent de définir les contours d’une bonne gouvernance du sport de masse permettant aux acteurs du secteur d’avoir des outils à leur disposition afin de faire de la bonne gouvernance une réalité quotidienne.

Ce projet a déjà donné lieu des avancées concrètes réalisées par les différentes parties prenantes, tels qu’un outil d’auto-évaluation de la bonne gouvernance dans son association, ou encore la rédaction d’un code d’éthique destiné à rappeler les fondements et principes sur lesquels une bonne gouvernance doit s’appuyer. Ces travaux viennent s’ajouter à une compilation de documents (études, conseils, articles…) existants sur la bonne gouvernance et la notion de « grassroots sports » (sport de masse).

De timides avancées

Ce projet ambitieux, en plus de devoir faire face à la difficile définition du terme « gouvernance », se heurte à un autre obstacle, celui de la notion de « Grassroots sports ». Où commence et où se termine cette notion ? Quelle taille une association doit-elle faire pour être considérée comme « Grassroots » ? Une étude européenne portant sur le financement du sport de masse datant de 2011(1) donne la définition suivante : « le terme grassroots sports couvre toutes les disciplines sportives pratiquées par des non-professionnels et organisées à un niveau national au travers du sport à l’échelle nationale. Cette définition exclue par conséquent les personnes dont la pratique sportive représente l’essentiel de leur temps, ou qui tire la majeure partie de leurs revenus de la pratique sportive ».(2)

Malgré cette tentative de définition, les contours de la notion de « grassroots sports » restent indécis. Les parties prenantes au projet GGGS mettent par conséquent tout en œuvre pour pouvoir apporter des réponses efficaces et utiles à des acteurs distincts devant faire face à des enjeux bien différents les uns des autres mais dont la finalité reste commune : promouvoir le sport et l’activité physique pour le plus grand nombre. La question de la gouvernance dans le sport en général est complexe, elle avance également lentement par le prisme du sport de masse. Nous devons toutefois encore nous y atteler tant elle est centrale et gage de citoyenneté. Nous poursuivrons nos travaux dans le cadre de l’année européenne de la citoyenneté 2013. En attendant, nous vous recommandons d’aller faire un tour sur le site officiel du projet, vous y trouverez bon nombre d’informations utiles, et vous pourrez vous-même apporter votre pierre à l’édifice en présentant un exemple concret de bonne gouvernance : www.goodgovsport.eu

(1) Eurostrategies/Amnyos/CDES/Deutsche Sporthochschule Köln. Study on the funding of grassroots sports in the EU. With a focus on the internal market aspects concerning legislative frameworks and systems of financing. Executive Summary. 27 juin 2011.

(2) « In this study, “grassroots sport” covers all sport disciplines practiced by non-professionals and organised on a national level through national sport. The definition thus excludes individuals who spend the bulk of their time practicing sport, or who take the bulk of their revenue from the practice of sport. »





Sport et citoyenneté