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Euro et Citoyenneté : L'Euro 2016, à l'abri du dopage ? - Sport et citoyenneté

Euro et Citoyenneté : L’Euro 2016, à l’abri du dopage ?

Comme chaque semaine depuis le début de l’UEFA EURO 2016, l’émission « Euro et Citoyenneté » s’est intéressée aux faits extra-sportifs.

Pour sa quatrième édition Patrick Mignon, Membre du comité scientifique du Think tank Sport et Citoyenneté et Responsable du Laboratoire de Sociologie de l’Institut National du Sport et de l’Education Physique, et Bernard Amsalem, Membre du comité scientifique du Think tank Sport et Citoyenneté et Président de la Fédération Française d’Athlétisme, étaient présents afin d’échanger autour du thème « sport et dopage ».

Après un début d’année marqué par différentes affaires au sein des fédérations, à l’heure du lancement du Tour de France et à quelques semaines de l’ouverture des Jeux Olympiques de Rio, aborder ce sujet nous semblait essentiel.

De façon générale on peut constater que les pratiques dopantes sont aussi vieilles que le sport ; on parlait déjà de dopage à l’époque des jeux antiques, mais aussi dès le début du XXème siècle. Ce n’est ni un phénomène récent ni un phénomène due à nos sociétés modernes ; on trouve beaucoup d’épisodes sportifs le rappelant.

Pour le cas du football on a l’impression que c’est un sport plutôt épargné par les problèmes de dopage, très peu de joueurs ont été contrôlés positivement. Patrick Mignon tenait à corriger cette vision pourtant erronée, « simplement je crois qu’aucun sport ne peut considérer qu’il est sauvegardé du dopage. Le dopage étant extrêmement sophistiqué, tous les sports, quels qu’ils soient, peuvent en faire l’objet ». Une réalité qui est d’ailleurs corroborée par le récent contrôle des joueurs de l’équipe de France à Clairefontaine.

Les affaires de dopage prennent de l’ampleur et occupent une grande place médiatique, ce ne sont plus des cas ponctuels, on met à jour de véritables montages au sein des Fédérations, des équipes. Il est vrai que le football ne figure pas dans les sports les plus sanctionnés, ce qui explique peut-être l’idéologie selon laquelle les footballeurs ne se dopent pas. « On parle souvent du cyclisme et de l’athlétisme mais quand on regarde le rapport d’activité de l’AFLD on se rend compte qu’en 2015 le football représente 969 contrôles anti-dopage. Effectivement comparé à ces deux autres disciplines c’est minime car ils représentent 40% des contrôles » nous précisait Bernard Amsalem.

Chaque année ce sont des nouveaux produits dopants qui sont découverts et qui amènent une mise à jour constante de la liste des interdictions. Il est légitime de se demander si nos laboratoires ne sont pas en retard face au dopage ? « On peut considérer que c’est le dopage qui est en avance par rapport à la technologie. C’est pour cela que nous gardons les échantillons pendant 10 ans dans un congélateur et que nous les recontrôlons tous les ans. Cela permet parfois de redonner des médailles à des gens qui les méritaient : l’année dernière j’ai remis une médaille à une française 10 ans plus tard – ça n’est pas normal ! Il faut investir davantage dans la recherche. Le problème c’est qu’il y a un gap entre l’argent généré par le trafic des produits dopants (30 milliards selon une estimation récente) et les moyens faibles de la lutte contre le dopage. En France on consacre 250 millions par ans et ce n’est pas suffisant. Pour pouvoir mieux contrer ceux qui trichent il faut investir plus » déplorait Bernard Amsalem.

Pourtant, le système normatif est considérable et les sanctions sont nombreuses, un arsenal qui devrait avoir un effet bien plus dissuasif. Les Etats et les Institutions Internationales travaillent de pair pour conserver une équité sportive. Cette lutte elle est justifié par des questions de santé publique mais aussi par les valeurs que doit véhiculer le sport – si la performance est truquée elle n’a plus rien d’admirable, elle n’est qu’un mensonge. Peut-être que pour avoir un sport plus propre il nous faudrait de nouvelles sanctions ; Bernard Amsalem nous donnait son avis à ce sujet en connaissance de cause ; « Je pense qu’il faut déjà externaliser les sanctions, nous sommes juges et parties dans les fédérations, qu’elles soient nationales ou internationales. Il faudrait créer des agences indépendantes qui interviendraient, feraient les contrôles et en même temps sanctionneraient les sportifs dopés. Pour ça il faut aussi des sanctions plus fortes. Aujourd’hui la sanction est passée de 2 à 4 ans de suspension depuis janvier, il faudrait l’assortir d’amendes financières. Je pense que si on attaque au portefeuille les sportifs ce sera plus efficace que la simple suspension ».

Revoir l’émission http://www.dailymotion.com/video/x4ja4w6





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