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« Faire société » - Sport et citoyenneté

« Faire société »

 

La crise sanitaire aura de multiples impacts sur le sport. Chez Sport et Citoyenneté, nous pensons qu’elle peut être salutaire, si elle permet d’accélérer un certain nombre d’évolutions. Par le biais de tribunes d’experts, nous souhaitons recommander, aux pouvoirs publics, des mesures opérationnelles destinées à lancer le sport de l’après-crise. Nous en avions déjà recensé un certain nombre dans ce livret de propositions pour la loi Sport et Société il y a quelques mois. Aujourd’hui, alors que la politique européenne du sport ne cesse de se développer, nous renforçons cet engagement en Europe et localement.

 

 

Tribune de Denis Musso, membre du comité scientifique du Think tank Sport et Citoyenneté, président de l’association Accord et Accords www.accordetaccords.org

 

 

 

Le sport est un phénomène global. C’est devenu un mot-valise. Le sport c’est ce que font, regardent/commentent les gens quand ils pensent qu’ils font, regardent/commentent du sport. Il est devenu un phénomène complexe subissant/exerçant de multiples influences et soumis à différents aléas. Il est souvent pris par le petit bout de la lorgnette et est découpé en tranches étanches qui s’ignorent superbement.

Sans vouloir occulter les réussites, les tendances montrent un développement dont les bornes sont d’un côté un sport dérivatif, spontané, non institutionnalisé et de l’autre un grand spectacle sophistiqué, autour de sportifs d’élite, avec toujours plus d’exigences. Chaque domaine connait ses dérives et la pratique réelle des jeunes est en chute libre.

Le sport a commencé sa mue et certaines avancées sont remarquables. Mais il reste des secteurs entiers encore dans leur bulle, confinés ou englués dans la gestion de leur discipline. Car le sport est culture. C’est un langage universel et un phénomène global, qui a été avant-gardiste grâce à quelques visionnaires, à travers un réseau fantastique composé à l’international du CIO et des fédérations internationales.

C’est un phénomène social, avec un volet économique, qui ne peut jouer pleinement son rôle que lorsqu’il partage, rassemble, s’ouvre pour faire société. Le sport n’est pas hors-sol. Il a une responsabilité et un avenir en s’engageant dans le social, l’écologie, l’art, l’humanitaire, en un mot dans l’humain.

Au centre il y a, il devrait, y avoir le pratiquant, non pas un simple consommateur à marketer, mais au moins un « consommacteur ». Il importe de l’écouter, le fidéliser, lui donner des perspectives et l’ouvrir à des responsabilités.

Libérer les énergies, les valoriser, les développer, les orienter et non les casser, les stériliser, c’est le rôle difficile mais nécessaire des responsables sportifs. C’est aussi investir dans la formation, l’accompagnement des acteurs dirigeants, éducateurs, pratiquants. Être à l’écoute permanente des besoins exprimés et réels, continuer à investir dans la recherche et la développer notamment en France et en Europe, en priorité sur les pratiques et pas seulement sur la performance, c’est la condition d’un pilotage maîtrisé et efficace.

Cette pandémie crée à court terme des menaces sur le sport mais doit permettre d’en saisir les opportunités à moyen et long terme. Les activités physiques peuvent trouver une place si elles sont mieux intégrées aux espaces et temps de vie. Développer les pratiques utilitaires, les pratiques professionnelles ou de loisir à travers le vélo et la marche par exemple, c’est sans doute un axe fort à ne pas gâcher. Car l’activité va à l’activité et ce développement contribuera à étendre l’envie de continuer à rechercher un mieux-être, un gout de l’effort et un plaisir à partager.

Les acteurs du sport, du local au national et européen, doivent faire entendre pleinement leurs voix pour faire inscrire les espaces sportifs, au sens large, adaptés et adaptables, dans une nécessaire planification, au risque d’en rester à quelques marquages sur la chaussée.

Enfin, il faudra saisir l’opportunité de Paris 2024 pour permettre avec détermination, sur tout le territoire, d’innover, de partager, de mutualiser, de mieux connaître et comprendre les enjeux à venir afin d’insuffler un développement des pratiques tout azimut dans les différents milieux et espaces/temps, école, famille, commune, entreprises, rues, stades. Voilà quelques défis forts à relever.

 

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