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« Travailler sur les usages pour se réapproprier l’espace public »

 

80% des Européens vivent aujourd’hui en zone urbaine. Renforcer l’activité physique quotidienne passe donc aussi par une transformation des espaces publics et des usages. Julien Brouillard, Chargé de développement « Innovation numérique & urbaine » pour l’agence Dédale, nous en explique les enjeux.

 

 

Propos recueillis par Sylvain LANDA

et Alice BLANVILLAIN

 

 

Dédale est une agence spécialisée dans l’innovation urbaine et sociale. Comment qualifiez-vous ces deux notions ?

JB : Chez Dédale, nous travaillons sur les nouvelles manières de concevoir et de fabriquer la ville, avec une dimension très orientée sur les usages de l’espace public, la place du numérique et l’implication du citoyen. Nous questionnons de manière assez transversale l’émergence d’un espace public nouveau, qui se regénère avec la fin du modèle « ville-voiture », et se traduit par de nouvelles formes d’expression (participation citoyenne, mobilités, services et infrastructures numériques…). L’innovation urbaine et sociale, c’est donc permettre aux habitants d’intervenir dans la conception, la gouvernance et l’organisation de l’espace urbain dans lequel ils vivent. Nous avons par exemple initié en France le projet « Parking Day » :il s’agit de proposer sur une journée des formes assez créatives de réappropriation de l’espace public, en l’occurrence une place de parking. Nous avons d’ailleurs eu beaucoup de propositions d’intégration de mini-terrains de sports ! C’est intéressant de voir comment le sport peut venir se nicher sur des espaces publics de ce type.

 

L’un de vos axes de travail concerne la ville innovante. Aujourd’hui, la sédentarité ne cesse de croître dans nos sociétés. Comment les nouvelles technologies et le numérique peuvent-ils aider les territoires à devenir des zones actives (Smart and Active City) ?

JB : Il y a plusieurs tendances. D’abord une vraie démocratisation des pratiques sportives dans l’espace public, à l’image du running. Les opérateurs privés comme les équipementiers ont suscité/accompagné ces pratiques, en mettant en place un certain nombre de services connectés. Aujourd’hui, un runner a une panoplie complète d’outils pour analyser son effort. Ce sont des sportifs augmentés. Autre exemple assez fascinant : Nike a développé il y a quelques années un terrain de basket virtuel, projeté directement sur l’espace urbain ! Les potentialités éducatives et ludo-sportives de ce type d’outil sont sans limites. Ils contribuent à redessiner les usages urbains.

Une deuxième tendance sur laquelle nous travaillons est l’idée de « ville parcours ». Il s’agit de favoriser des parcours de marche, de faciliter la mise en réseau des espaces publics… De nombreuses villes s’engagent dans ce processus, à l’image de la stratégie « Paris Piéton » ou de l’opération « Rouen, territoire marchable, multimodal et attractif ». Ce qui est intéressant, c’est de mener des expérimentations où le numérique vient enrichir ces parcours, avec une dimension culturelle, touristique, éducative… Sur ce volet, nous avons développé le projet CityTelling, qui propose des solutions numériques pour une mise en récit de la ville. Ces visites enrichies du territoire sont des leviers pour déclencher des usages de marche, de parcours dans la ville et sont vraiment efficaces aussi d’un point de vue éducatif. Des serious game ont ainsi vu le jour, car comme l’avaient pressenti les philosophes depuis l’Antiquité, la marche favorise la concentration. Les contenus culturels, annexes ou supports sont vraiment intéressants à développer car, de façon indirecte, ils favorisent des modes de vie actifs.

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